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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 08:16

 

Depuis quelques temps, l’expression Soft power envahit les discours et documents officiels chinois. Bon, nous savons tous qu’il s’agit d’un concept en relations internationales. Cependant, je me disais que la question méritait d’être creusée. Mais l’affreux tandem « paresse+boulot »  a eu raison de ma curiosité, et, alors que mon emploi du temps s’allégeait, je découvris presque déçu la Une du dernier Connexions : « Où en est le soft power de la Chine ? »


Cette déception fut de courte durée, ma flemme légendaire aussitôt me glissant à l’oreille : « T’as qu’à faire une brève synthèse du dossier, comme ça tu gagnes du temps, et ceux qui voudront en savoir plus n’auront qu’à lire Connexions ! ». Remerciant aussitôt ma Petite voix, je me plongeai dans la lecture du magazine de la CCIFC.

 

  soft-power.jpg

 

Shanghai, rive du Huangpu, an VII du règne de l’Empereur Hu. Deux ans après les Olympiakí agónes, la Chine se prépare une nouvelle fois à capter l’attention de la planète, ainsi que celle de son propre peuple. Par le truchement de son fidèle ministre Wen, Hu le bon souligne « l’importance du développement et des échanges culturels avec l’étranger pour renforcer l’influence internationale de la culture chinoise. » Influence, le mot est lâché. Nous changeons d’époque : le rayonnement culturel devient l’outil suprême de domination.

Nouveau ? Et l’Oncle Sam, me direz-vous. En effet, depuis la seconde guerre, la culture américaine pousse sur toutes les terres du monde, arrachant les plants des cultivateurs locaux. Mais nous changeons d’époque, car un nouveau concurrent entre sur le marché de la diplomatie culturelle.

 

Bon, après cette introduction anachronique et pompeuse, je vais peut-être en venir aux faits, car on ne va pas y passer la journée !

 


:: Soft quoi ? Super power ?

 

Tous à vos stylos, notez la définition du géopoliticien américain Joseph Nye :

Capacité par ses valeurs, l’attractivité de sa culture et de ses institutions, de devenir un modèle et d’amener les autres à vouloir ce que vous voulez, quelque chose à mi-chemin entre un système de valeurs et un système d’intérêts, où entrait une part de relations. Aujourd’hui, la notion recouvre aussi bien le marché des échanges économiques, la force commerciale, la compétitivité.

 

Mais François Godement, dont je salirais le nom à le présenter (ceux qui ne le connaissent pas : redoublement !), souligne que le soft power US dans l’après-guerre n’a rien à voir avec sa version pékinoise 2010. La puissance douce chinoise naît dans les années 50, avec les relations Chine-Inde : non-intervention, non-interférence souveraineté, et résolution pacifique des conflits.

 

Le directeur de l’Asia-centre de Sciences-Po évoque par ailleurs le paradoxe entre la capacité chinoise à proposer un modèle de management des affaires publiques et des entreprises, et la réalité des affaires en Chine, gangrénée par la corruption. En un mot, efficacité chinoise.

 

Ce soft power s’adresse en premier lieu au peuple chinois, et, évoquant les médias et les arts, François Godement parle de nouveau système de distraction et de propagande. 

 

La Chine mélange le hard power, la coercition, et le soft power, logique d’intérêts mutuels. La diplomatie chinoise demeure réaliste et pragmatique : énergie et matières premières. Par ailleurs, le budget militaire chinois se classe au second rang mondial, et au premier rang en termes de croissance. L’armée chinoise est fermée, et coopère peu.

 

A l’international, la Chine a mauvaise presse, aussi bien en Occident que dans les pays d’Asie. Mais elle est devenue très attractive pour des pays en développement, notamment en Afrique et au Proche-Orient. La situation est plus complexe en Amérique du sud.

 

 

 

 

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Chine exp 13/05/2010 08:37



A lire également dans ce numéro de Connexions,


l'interview de Cindy Arnold, déléguée Chine de Sciences Po, à propos des études en Chine.


http://www.connexions.ccifc.org/index.php/fre/Dossier/Etudier-en-Chine