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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 03:40
Sanmao.jpg
... dont on ne se lasse pas. Et bien c'est le cas de ce classique chinois de San Mao, L'olivier.
De son vrai nom Cheng Ping 陈平, cette écrivain est notamment connue pour ses livres Chroniques du Sahara et Les Lamentations du chameau. Son poème L'olivier a été mis en musique, et de nombreuses versions existent. Je vous en propose une, ainsi qu'une traduction rapide des paroles. Le clip est un peu kitsch, mais la voix sublime. Si vous avez d'autres versions à me soumettre, n'hésitez pas !







:: L’olivier

 

Ne demande pas d’où je viens

Mon village est très lointain

Pourquoi j’erre ainsi, si loin

 

Pour les oiseaux qui tournoient dans les airs

Les ruisseaux qui serpentent dans les montagnes

Et la prairie qui s’étend jusqu’à l’horizon

 

Mais c’est aussi

Pour cet olivier de mes rêves

 

:: 橄榄树

 

不要问我从那里来

我的故乡在远方
为什么流浪流浪远方流浪
为了天空飞翔的小鸟
为了山间轻流的小溪

为了宽阔的草原
流浪远方流浪
还有还有

为了梦中的橄榄树

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6 janvier 2010 3 06 /01 /janvier /2010 03:55

Depuis quelques jours, je me régale avec la lecture du Bonheur des petits poissons, de Simon Leys, alias Pierre Ryckmans. L’auteur des Nouveaux habits du Président Mao, sinologue et spécialiste de littérature, nous offre un florilège d’anecdotes sur des écrivains, la Chine et d’autres curiosités, dont je ne saurais que trop vous recommander la lecture.

 

Ce fut pour moi l’occasion de redécouvrir Tao Yuanming陶淵明, l’un des plus grands poètes d’inspiration taoïste que la Chine ait porté.

Fonctionnaire insoumis de la dynastie Jin, Tao (365 ou 372-427) est resté célèbre pour son utopique Source aux fleurs de pêcher 桃花源, décrivant une société sans Etat ni hiérarchie. Hormis cette aspiration anarchiste, son légendaire penchant pour le vin a traversé l’histoire, et toute sa poésie est puisée dans l’alcool, dont elle renferme l’esprit.

 

source-aux-fleurs-de-pecher.jpg

Source aux fleurs de pêcher 桃花源

 

QU’ON SE RETIRE

(extrait)
Mon plaisir est d’aller chaque jour au jardin.
La porte, bien qu’installée, est toujours fermée.
Avec ma canne, je me promène dans les allées.
Souvent, je lève la tête pour contempler les lointains...
Les nuages sans pensées s’échappent des vallées,
Les oiseaux savent rentrer, las de leur envolée.
Lentement va disparaître le soleil couchant,
Près d’un pin solitaire, j’erre seul longuement...

 

Ne connaissant pas la musique, le « poète des champs » emportait partout avec lui une cithare sans corde. Et à celui qui lui en demandait la raison, Tao répondait : « Je cherche seulement l’inspiration qui dort au cœur de la cithare. A quoi bon m’exténuer à faire du bruit sur les cordes ? ».

 

EN BUVANT DU VIN

(Traduction He Qin)

Dans le monde humain, je fais mon abri ici-bas,
Sans entendre le bruit des chars et des pas.
Comment pouvez-vous ainsi vous y faire?
Un cœur lointain rend le lieu solitaire.
Cueillant des chrysanthèmes sous la haie de l'Est,
J'entrevois, un loisir, les montagnes du Sud.
Sous le soleil couchant leurs courbes embellies,
Les oiseaux survolant retournent, en compagnie.
Le vrai sens de la vie repose dans tout cela.
Désirant lui exprimer, j'oublie les mots de joie.

 

tao-yuanming.jpg

 

Aux nobles ou humbles, à tous ceux qui le visitaient, il préparait toujours du vin. Et toujours le premier saoul il leur disait : «Je suis ivre, j’aimerais dormir, vous pouvez donc partir... ».

 

CHANSON POUR MES FUNERAILLES

Dans le passé pas assez de vin à boire

Maintenant enfin ma coupe limpide

Pleine d’un vin nouveau printanier

A nouveau quand le goûter encore ?

 

Autour de ce plateau de mets succulents

Parents proches et amis anciens à mes côtés

Pourtant dans ma bouche nul son ne vient

Dans mes yeux nulle lumière ne pétille

 

Les précédentes nuits dans ma chambre

Aujourd’hui franchir cette porte et partir

Ce matin m’allonger au pays de l’herbe sauvage

Là-bas pour un long temps et sans date de retour

 

 

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5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 08:47
Post en forme de mini coup de gueule (mon tout premier)...

Alors que je parcourais la Une de Msn Actualité, vous savez cette pop-up d'infos débilisantes qui s'ouvre avec messenger, mon attention a été happée par ce titre racoleur : "Les jobs à plus de 60000€ par an".

MSN_Article_Default.gif


Cet article, agrémenté de "visuels" dont l'originalité n'a d'égal que son contenu, cet article disais-je, relève tout bonnement de l'exploit. En effet, réunir tant de lieux communs et si peu d'infos en quelques paragraphes, et ben moi, je dis bravo, je crie même au génie ("Génie !!!")...


A l'attention des lecteurs sceptiques quant à mon objectivité, je vous soumets une synthèse dudit "article" (accrochez-vous, ca va très vite) :

Pour gagner beaucoup, il faut être directeur, avocat ou chirurgien.

Top ! Synthèse terminée. Circulez...

Plus sérieusement, en creusant un peu, on se rend vite compte que l'article en question, mystérieusement sous-titré Careerbuilder, n'est en réalité qu'un publi-communiqué pour... Careerbuilder, un site RH.


"La publicité est comme le poison : elle n'est dangereuse qu'avalée", disait Joe Paterno.

Je ne laisserai cependant pas le dernier mot à cet entraîneur de foot US... Non, je concluerai ce billet en citant l'auteur dans le texte :

"
Pas la peine de rêver ! À moins de s'appeler Britney Spears ou Tony Parker, il est extrêmement rare de débuter sa carrière à plus de 60 000 euros par an"...



(sans rancune, faut bien qu'il mange ce Monsieur Career Bodybuilder ! Et moi, faut bien que je rigole un peu...)

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5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 02:56

Ascenseur social en panne, doctorant en stage photocopie… Dans La peur du déclassement, l’économiste et sociologue Eric Maurin (Ehess) s’emploie à briser tous les clichés qui polluent les esprits français. Tour d’horizon…

 


Déclassement, une peur irrationnelle - Premier constat du chercheur : la peur du déclassement est une des passions françaises les plus tenaces, alors que paradoxalement, cette « mort sociale » reste très rare, même en temps de crise (1% de la pop. active en 2009). Eric Maurin explique cette angoisse par la trop grande importance apportée en France au statut social, qui prime sur le salaire, contrairement aux anglo-saxons par exemple.



n1ge04b-maurin.jpg

« Un peu de fluidité ferait du

 bien au système français »,

Eric Maurin, Ehess.

 

Ascenseur social en bon état – Eric Maurin brise le cliché du docteur en philosophie employé à faire des photocopies : « en réalité, le diplôme n’a jamais procuré autant d’avantage qu’aujourd’hui ! », affirme-t-il. La probabilité d’accéder à un poste très qualifié ne varie que de 1 à 2 entre enfants d’ouvriers et de cadres, soit une division des écarts par deux en 25 ans !

 

Des solutions – Dans cette atmosphère de peur du déclassement et de course au statut social, la France use toujours de la même stratégie en période de crise : édifier un mur contre le licenciement. Pourtant, selon les études, si la hausse du coût du licenciement évite la destruction d’emploi, elle ralentit les embauches, creusant les inégalités et diffusant la peur…

 

 

 

Eric Maurin, économiste et sociologue à l’Ehess, est l’auteur notamment du Ghetto français.

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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 13:52
Un petit mot pour vous conseiller la lecture vivifiante d'un (très) vieux post de lexpat.over-blog.com.

CL-et-KL.jpg

A l'époque, Christophe cherchait une assistante pour sa petite entreprise en expansion.

A cette occasion, il nous livrait le meilleur du pire de la candidature à la chinoise...


C'est par ici que ça se passe :
http://lexpat.over-blog.com/article-3782256.html



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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 12:59

 

Coutumes, usages, langues… Souvent considérées comme des barrières, ces spécificités constituent en fait une chance inespérée. Une chance de mieux se connaître soi-même, de se redécouvrir et de se redéfinir.

 

A la lumière de mes expériences quotidiennes, petit tracas ou agréables surprises, je m’interroge : comment cet événement se serait-il déroulé en France ? Un français aurait-il agi de la sorte ? Dans ma culture, la façon de résoudre ce type de problème est-elle réellement plus efficace ? Pourquoi ai-je été le seul à ressentir cette émotion ?

 

Par ce processus, d’abord comparatif puis réflexif, nous nous enrichissons considérablement ! Partiellement libérés de nos carcans éducatifs et sociaux, ainsi que du poids de notre passé, nous nous sentons pousser des ailes. Vraiment, le voyage a des vertus curatives et libératrices insoupçonnées !

 

 

            Comme dans un miroir, je perçois mon reflet à travers le regard d’Autrui. Et plus cet Autre m’est éloigné, plus mûrs sont les fruits que je récolte. Cette expérience, il faut la vivre au quotidien, en se gardant bien de prêter attention aux clichés et préjugés qui brouillent trop souvent notre vision. Ne jamais oublier que les préjugés ont, en droit, toujours tort, et que la découverte de l’Autre ne peut se faire qu’une fois délesté de ces inepties.

 

L'autre, si c'est parfois l'enfer, c'est aussi le paradis !       

 

 

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13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 17:25



Et qu’aurais-je pensé si dans ma vingtième année on était venu m’informer que sept ans plus tard, j’aurais appris le chinois et habiterais en Chine ? J’aurais ri sans doute, je me serais moqué. Et pourtant, nous y voilà, à Pékin, depuis plus d’un an déjà. Alors, mektoub ou pas ? J’ai plutôt l’intuition que seule une partie de nos vies est écrite, comme il n’y a que les consonnes dans la Bible ; le reste est affaire de choix et d’opportunités.



La Chine, c’est loin, c’est différent. Et pourtant, bien que souvent dévisagé par les badauds, je ne m’y sens pas si étranger. Après tout, si nous avons chacun notre langue et nos coutumes, nous demeurons éminemment semblables. Un homme reste un homme, et une émotion, quel que soit son mode d’expression, demeure une émotion. Les différences culturelles représentent une chance pour chacun : celle de se (re)découvrir. Car c’est seulement dans l’altérité que je me définis, et donc que j’existe. 



Lamaserie de Litang, province du Sichuan



Le blues ? Le bourdon, le cafard et autre insecte ? Pas du tout. Je suis parti avec celle que j’aime vers de nouvelles aventures, voilà tout. Non pas que j’ai fui l’Hexagone,  loin s’en faut. Cependant, j’avoue m’y être senti un peu à l’étroit, comme bloqué temporairement. Alors, dans cette configuration, quoi de mieux que l’aventure ? Et puis, après tout, je ne fais que suivre Montaigne, qui nous exhorte à frotter notre cervelle contre celle d’autrui.



Si je puis me permettre un conseil à ceux qui nous dirigent, nous pauvre troupeau, rétablissez le service, vite ! Attention, pas ce calvaire où, peints en kaki, les trouffions épluchent des patates le jour, et la nuit font des concours de pets ; rétablissez un service civil. Envoyez les adolescents aux quatre coins du monde, qu’ils écarquillent les yeux, et élargissent leurs hémisphères. Car trop souvent, la planète ne demeure qu’une masse informe que les médias sculptent jour après jour, lui conférant une allure toujours plus infâme.

         

             Voyager, c’est expérimenter au quotidien, se risquer, se perdre et se retrouver, grandi et différent.

 


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