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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 03:35

Sun Tzu en col blanc, Sun Tzu psychothérapeute, ou Sun Tzu sexologue… Non, je ne vous annonce pas de la sortie d’une nouvelle série de Bd consacrée au stratège chinois ! Loin de se restreindre au seul univers de l’entreprise et du commerce, L’art de la guerre est également transposé aux domaines les plus insolites : médecine, séduction, développement personnel des femmes, etc..

 

sunzibingfa.jpg


Ainsi, alors que les interprétations de Sun Tzu dans les domaines autres que le conflit armé sont très nombreuses, on ne trouve que très peu d’études de ce classique de la stratégie d’un point de vue strictement militaire. Quelques ouvrages existent bien en langue anglaise, mais ils se comptent sur les doigts d’une main.

 

C’est pour cette raison qu’un militaire, Yann Couderc, Saint-Cyrien tout frais sorti de l’Ecole de Guerre, ayant un tropisme prononcé pour l’Extrême-Orient, s’est pris d’intérêt pour l’étude de cet ouvrage chinois vieux de près de vingt-cinq siècles et a ouvert son blog : http://suntzufrance.fr.

 

Proposant études et réflexions, le site se veut un lieu de confrontation d’idées autour du traité de Sun Tzu, donnant la parole tout autant aux militaires qu’aux sinologues, ainsi qu’à toute personne ayant une opinion ou une information pertinente sur la question.

 

Le blog se complète également sur Twitter et Facebook : chaque jour, une nouvelle ressource (article, site, vidéo, etc.) est proposée sur le fil Twitter (http://twitter.com/suntzu_france). Pour les personnes intéressées, un commentaire plus détaillé de cette ressource figure alors sur la page Facebook (http://www.facebook.com/suntzufrance).

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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 03:27

 

Le vent glacé rentrait sans mal sous ce léger bonnet, qui n’était en définitive d’aucune utilité, si ce n’est esthétique. Bourdonnant près de mes tympans, son souffle s’engouffrait ensuite à travers mes cheveux épars.

Impossible de poursuivre ma route, j’entrai dans le premier magasin venu, dont les vitrines éclairées s’affichaient comme une promesse de chaleur et de douceur.

 

Une librairie ! Ses étagères à perte de vue me réchauffèrent aussitôt le cœur. Instinctivement, je marchais résolu vers le rayon Philosophie, lorsque je réalisai qu’une telle lecture ne siérait sans doute pas aux quelques trente-cinq degrés de mon corps transit. Mencius dans le texte... une bien mauvaise médecine contre le froid ! 

 

Le rayon des bandes-dessinées constituait le sas de décompression thermique dont j’avais besoin. J’en ouvris une au hasard, je ris. Je la refermai, puis l’ouvris à une autre page : nouvel éclat de rire.

Je réitérai l’expérience, d’abord doucement, puis je tournai dans un rythme frénétique les pages, et mon rire s’amplifiait au même tempo. Impossible de m’arrêter, j’étais pris de convulsions, un rire fou. Je ne regrettai pas de ne pas avoir ouvert Mencius, lecture dont l’impact thermique eût été moindre sur mon cerveau surgelé.

Bientôt, je tombai à la renverse, et expirai… dans un dernier sourire.

 

The book of bunny suicides, d’Andy Riley, aura fait une victime de plus…

Bonne année du lapin à tous ! 

 

 

bunny loupe
  bunny muscu
 bunny transat
 Bunny Noe

 

 

Vous pourrez trouver le pdf ici.
Mais si vous aimez, achetez !
(une vingtaine de yuans…)

 


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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 05:49

yang yongliang 3

 

 

Au pays des Soviets, notre jeune ami à la houppette passait devant de belles usines à la cheminée ronflante, témoignant de l’industrie florissante, et donc de la grandeur du communisme. Mais l’audacieux Tintin se rendit vite compte de la supercherie : les façades des usines étaient en carton pâte, et les cheminées ne crachaient que la fumée d’un vulgaire feu de bois.

 

En passant trop rapidement devant une œuvre de Yang Yongliang, vous risqueriez de n’y voir que la beauté et la subtilité de la peinture chinoise traditionnelle. Les majestueuses montagnes que des générations d’artistes n’ont cessé de peindre, tentant d’insuffler l’élan vital à leur tableau, principe primordial de l’art chinois.


Mais si vous avez la sagacité du reporter du Petit vingtième, ce dont je ne doute pas, vous vous apercevrez que les montagnes sont des immeubles, et les arbres des poteaux téléphoniques.

 

La nature en ville ; la jungle urbaine.  

 


 

yang-yongliang-2.jpg

 

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29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 05:04

Copie, innovation… Des maux répétés tels des mantras dès que la Chine s’immisce dans la conversation. Vaste sujet, aux enjeux colossaux, qui fait sans doute l’objet de thèses. D’ailleurs, si vous avez de la doc, ça m’intéresse ! Rassurez-vous, je vous épargnerai les truismes du genre : dans le confucianisme, on ne dépasse pas le maître ; ou encore, pour créer, il faut d’abord imiter… Voici d’autres pistes de réflexion glanées au fil de mes lectures.

 

 

montagne-de-copie.jpg

山寨 contrefaçon, 招安 amnistie, 封杀 sanction

 

 

« Nous nous vantons toujours de nos 4 grandes inventions, mais pour une civilisation ancienne comme la nôtre, seulement 4 en 5000 ans, je ne vois pas de quoi être fiers ! » 1

 

 

:: L’écriture chinoise, première copie de l’histoire

 

La mythologie attribue la découverte de l’écriture soit à Fuxi (qui aurait d’ailleurs tout inventé : cuisine, chasse, pêche, armes, etc…), soit à Cangjie (c. 2650 av. J.-C.), l’homme aux deux pairs d’yeux. Si on se réfère à l’hypothèse selon laquelle l’écriture viendrait des divinations - donc du Yi Jing - les caractères chinois n’ont pas été inventés, mais « copiés ». De l’imitation des craquelures issues des divinations, seraient nés les milliers de caractères chinois...

 

:: A quoi bon innover ?

 

Cyril Javary continue de dérouler le concept d’imitation, et explique qu’en Chine, la création n’est pas une rupture, une innovation, mais un simple « agencement original d’éléments connus et répertoriés » 2. Les arts, notamment la peinture et la poésie, en constituent de bons exemples.

« Qu’importe, en Chine, l’authenticité d’un objet, si la reproduction qu’on en a faite est dotée du même pouvoir d’évocation ».

 

copie a la chaine


:: Le jardin Wuyou

 

Ce rapport avec le réel et l’original est illustré par Simon Leys, pour qui l’histoire du ‘Jardin qui n’existe pas’ fournit une bonne image de la culture chinoise 3. Un lettré de la dynastie Ming, observant que les jardins décrits dans la littérature n’existaient plus depuis longtemps, en a conclu que le jardin n’avait pas besoin d’avoir été. Il donna donc une description de son ‘Jardin qui n’existe pas’, arguant qu’il n’y avait pas de différence entre un jardin fameux qui n’existe plus, et son jardin que n’a jamais existé.


vague-de-copie-copie-1.jpgCulture de la copie

 

 

Ces quelques pistes ne doivent pas nous éloigner d’une explication qui tombe sous le sens (et sous le coup de la loi) : pour s’enrichir, il faut produire ce qui se vend actuellement. Les produits occidentaux se vendent, donc copions-les. A cela s’ajoutent le poids de la hiérarchie, en partie hérité du confucianisme (les truismes dont je parlais plus tôt…), le collectif contre l’individu, la non-valorisation de l’initiative personnelle (en mutation), les systèmes éducatif et politique, les goûts des consommateurs, et bien d’autres paramètres.

 

Celui qui étudie, ou a étudié, ce phénomène, a du bien s’amuser ! Un excellent sujet de recherche, vaste et profond, mobilisant à la fois les champs culturel, historique, politique, économique, etc.. Payez-moi, et je serai celui-là ;-)

 

 

 

 

1  Wang Fuzhong, directeur adjoint du centre de recherche financière de la BUAA (Beijing University of Aeronautics & Astronautics), lors d’une émission sur Phoenix TV. Cité par Yu xi, dans son article « "Shan Zhai" : simple contrefaçon ou résistance des masses en Chine ? »,

sur le site Aujourd’hui la chine.

2  Le Discours de la tortue : Découvrir la pensée chinoise au fil du Yi-Jing, Cyril Javary, Albin Michel 2003

3  L'humeur, l'honneur, l'horreur : Essais sur la culture et la politique chinoises, Simon Leys, Laffont 1991

 

 

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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 05:07

 

 

foutebol.jpg

 

刘志永

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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 03:25

Hier, j'ai aidé une collègue chinoise à traduire un poème de Sushi (Su Dongpo), car une de ses amies de l'ambassade de Chine en Mauritanie allait recevoir des diplomates francophones. L'ambassade possède une calligraphie de ce poème, et souhaitait l'accompagner d'une traduction française. J'espère donc ne pas avoir fait trop de contresens ! Merci Antoine pour la relecture.

 

chibi-REDCLIFF.jpg  sushi-vin-au-claire-de-lune-copie-1.jpg

 

 

L'Ode à la falaise rouge (Chibi Huaigu)

 

Su Shi 1 (Su Dongpo), Dynastie Song

 

 

Le Yangtzé s’enfuit vers l’est,

Et avec son tumulte,

Les héros du passé.

A l’ouest du vieux fort,

La bien nommée falaise rouge de Zhou 2.

Le chaos des rochers perce le ciel,

Les vagues tempétueuses s’abattent sur la côte,

Et se brisent en mille flocons de neige.

Sublime peinture de l’instant.

A cette époque, que de héros !

Je me replonge dans le passé :

Le général Yu 3vient d’épouser Xiao Qiao 4.

L’allure superbe et distinguée,

Avec son éventail et son ruban de soie.

Tout en devisant gaiement,

Yu réduit la flotte ennemie en poussière.

Mon esprit erre parmi les Trois royaumes.

Mais point de sentimentalisme,

Qui trop tôt blanchit les cheveux !

Nos vies ne sont que chimère.

Je lève ma coupe au reflet de la lune.

 

 

 

1  Su Shi, grand poète de la dynastie Song. Très ambitieux, il choisit la carrière officielle pour servir le pays. Victime d’accusation calomnieuse, il fut dégradé et envoyé à Huangzhou. Déçu, il parcourut le pays sur les traces des grands héros de la Chine ancienne. Ce poème fut écrit lors de son voyage le long du Yangtzé.

 

2  Lieu d’une bataille célèbre à l’époque des Trois Royaumes (220-280), qui opposa les royaumes Wu et Wei.

 

3  Zhou Yu, appelé Zhou Gongjin, général du royaume Wu. Il a commandé la bataille de la falaise rouge et défait l’armée du royaume Wei.

 

4  Xiao Qiao, femme de grande beauté. Une de ses sœurs a épousé le roi de Wu.

 

 

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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 10:11

La semaine dernière, pour x, y (et z) raisons, je pensais à l’arrogance. En Chine, ce comportement fort peu reluisant, fait de mépris et d'insolence, fut illustré par un chengyu, proverbe dont je m’en vais – mais pas trop loin - vous narrer l’histoire.

 

 yelangzida.jpg

 

A l’époque des Han, existait un petit pays au sud-ouest de la Chine, appelé Yelang. Bien que ce royaume fut indépendant, son territoire était minuscule, tout comme sa population, et sans parler de sa ridicule production.

 

Mais comme dans la région, Yelang était le plus grand royaume, son Roi, qui n’était jamais sorti de ses terres, s’imaginait qu’il régnait sur le plus grand des pays.

 

Un jour, alors que le Roi et sa cour s’en étaient partis inspecter les frontières, pointant l’horizon, il demanda : « Quel est le plus grand royaume ? ». A quoi ses conseillers, pour le flatter, répondirent : « Le royaume de Yelang, assurément ! ». Poursuivant sa marche, le Roi dressa à nouveau la tête, et regardant les hautes cimes, dit : « Y-a-t-il sous le ciel de montagne plus haute que celle qui se dresse devant nous ? ». Les conseillers, toujours pour le même motif, répondirent par la négative.

 

La petite troupe arriva ensuite sur les rives du fleuve, et le Roi poursuivit son interrogatoire : « Cette rivière est sans aucun doute la plus longue du monde ». Les conseillers, en chœur : « Une fois de plus, notre grand Roi dit vrai ».

 

Depuis ce jour, ce Roi ignorant s’était persuadé que son royaume était bel et bien le plus grand du monde.

 

Plus tard, un ambassadeur des Han en route pour Yelang, traversa le royaume voisin de Dian, actuel Yunnan. Son Roi lui demanda : « Du royaume Han et du mien, lequel est le plus grand ? ».

L’ambassadeur pâlit aussitôt ; il n’aurait jamais imaginé qu’un si petit pays ait l’outrecuidance de poser une telle question.

 

L’ambassadeur gagna ensuite Yelang. Son ignorant et orgueilleux Roi, à mille lieux de penser que son royaume ne représentait même pas un district de l’empire Han, se ridiculisa aussitôt : « Du royaume Han et du mien, lequel est le plus grand ? ».

 

 

汉朝的时候,在西南方有个名叫夜郎的小国家,它虽然是一个独立的国家,可是国土很小,百姓也少,物产更是少得可怜。

但是由于邻近地区以夜郎这个国家最大,从没离开过国家的夜郎国国王就以为自己统治的国家是全天下最大的国家。

有一天,夜郎国国王与部下巡视国境的时候,他指着前方问说:这里哪个国家最大呀?部下们为了迎合国王的心意,于是就说:当然是夜郎国最大啰!走着走着,国王又抬起头来、望着前方的高山问说:天底下还有比这座山更高的山吗?部下们回答说:天底下没有比这座山更高的山了。

后来,他们来到河边,国王又问:我认为这可是世界上最长的河川了。部下们仍然异口同声回答说:大王说得一点都没错。

从此以后,无知的国王就更相信夜郎是天底下最大的国家。

有一次,汉朝派使者来到夜郎,途中先经过夜郎的邻国滇国,滇王问使者:汉朝和我的国家比起来哪个大?使者一听吓了一跳,他没想到这个小国家,竟然无知的自以为能

却没想到后来使者到了夜郎国,骄傲又无知的国王因为不知道自己统治的国家只和汉朝的一个县差不多大,竟然不知天高地厚也问使者:汉朝和我的国家哪个大?

 

 

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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 09:52

Tout commence avec une information : le patron du géant de l’électroménager Gome emprisonné pour corruption. Cigarette au bec, on en discute avec un collègue. Parti de rien, Huang Guangyu a bâti un empire, avant de tomber. Serait-il monté trop haut ?

La discussion dérive vers les raisons de l’ascension de l’ex homme le plus riche de Chine :

 

- Pour arriver aussi haut, il faut connaître les règles tacites de la société chinoise. En un mot, il faut qianguize, me dit mon collègue.

- Qianguize ? Mais ça veut pas dire ‘promotion canapé’ ?

- Oui et non. Même si on l’emploi beaucoup pour les actrices et le monde du show-biz, littéralement qianguize signifie : règles (规则) implicites ().

- C’est embêtant, car j’ai beau parlé chinois, je n’ai pas accès à tout un pan de votre société. Comment je peux connaître ces règles puisqu’on n’en parle pas !

- Ah, mais un journaliste a écrit un bouquin sur le sujet !

 

 

 

 

 

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Le néologisme qianguize a été inventé par l’historien et journaliste chinois Wu Si, qui s’est basé sur ce concept pour réinterpréter l’Histoire chinoise dans son ouvrage, Règles implicites : le véritable jeu dans l’Histoire chinoise潜规则:中国历史中的真实游戏, écrit en 2001.

 

Né en 1957 à Pékin, Wu Si travaille d’abord au Quotidien des paysans 农民日报 après ses études de langue chinoise à l’université du peuple. En 1993, il devient vice-directeur du magazine « Pont », crée par l’Association nationale des Journalistes de Chine, et il est aussi responsable de la rédaction de la version chinoise de cette revue.

Depuis 1997, il travaille au magazine Yanhuang Chunqiu 炎黄春秋,et en est successivement rédacteur en chef exécutif, vice-directeur, et rédacteur en chef. Ses ouvrages ont suscité des débats passionnés tant en Chine qu’à l’étranger. En 2004, le magazine Xinzhoukan l’a élu « intellectuel de l’année ».

 

 

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La « règle implicite » désigne ce qui se cache derrière une règle explicite, et c’est justement cette règle tacite qui régit la ligne de conduite des hommes, notamment dans les sphères de pouvoir. Cette ligne de conduite est par ailleurs directement liée aux intérêts personnels.


Wu Si explique : « Après avoir méticuleusement étudié plusieurs événements et personnages historiques, j’ai découvert que ce qui régit la conduite de ce groupe est souvent très éloigné des règles qu’ils prétendent suivre. Par exemple, les concepts de vertu et justice, fidélité au souverain et amour du peuple, intégrité et honnêteté, etc.

En analysant plus profondément ce qui détermine cette ligne de conduite, on s’aperçoit de la prépondérance des intérêts personnels. Les résultats de ces calculs et les choix qui s’y rapportent se répètent et se sécularisent, et constituent clairement des normes tacites, devenant des règles implicites utilisées dans les rapports entre les groupes en question. Ce sont des normes pas nécessairement écrites ou prescrites, et qui ont un grand pouvoir contraignant. »

 

Le livre de Wu Si traite principalement de l’ « Elimination des fonctionnaires vertueux », concept qui explique pourquoi ces hommes de bien finissent toujours pas être éloignés du pouvoir, et incapables de mener à bien leur projet. La rareté des fonctionnaires vertueux au pouvoir, et leur exclusion au bénéfice d’hommes de peu, a pour origine la mise en place de ces règles tacites dans les sphères de pouvoir, politiques et administratives.     

 


 

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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 08:23

 Toile de fond de la culture chinoise, le Livre des mutations, 易经 ou 周易, est un système binaire utilisé pour la « divination », résultat de recherches spéculatives et cosmogoniques. Jusqu’à présent, je m’étais contenté de parcourir les autres Classiques, comme le Kongzi, le Laozi, ou le Zhong Yong. En effet, et bien que la Cabbale, Maître Eckhart ou le Soufisme m’intéressent, l’aspect ésotérique et magique du Yi Jing me rebutait.

 

taiji-omelette.jpg

 

Mais en découvrant la description qu’Edgard Morin en a fait, j’ai révisé mon jugement. Le penseur de la complexité estime en effet que le Yi Jing « apporte l'image la plus exemplaire de l'identité du Génésique et du Génétique. (…) La figure primordiale du Yi-King est donc une figure d'ordre, d'harmonie, mais portant en elle l'idée tourbillonnaire et le principe d'antagonisme. C'est une figure de complexité. »1

 

Mais voilà le problème : qui dit complexité, dit lecture compliquée… Aussi, j’ai commencé mes recherches par la lecture de l’accessible introduction proposée par Cyrille Javary2. Parallèlement, j’ai voulu aborder le Livre des mutations par les petites histoires dans la grande. Voici donc une traduction de la « première prédiction »3, dans le commentaire des Annales des Printemps et Automnes.

 

 



 

En 705 av. J-C, le Duc Guituo du royaume de Chen, qui s’était emparé du pouvoir grâce à l’influence de la famille de sa mère, eût un fils. Souhaitant que son domaine demeure entier et bien gardé, il le nomma Wan, et l’appela Jingzhong4. Comme il était fils de Duc, tout le monde l’appelait Seigneur Wan.

Le jour de la naissance du Seigneur Wan, un historiographe de la cour du Roi des Zhou, transportant le Livre des mutations, passa par Wanqiu, capitale du royaume de Chen. Le duc Guituo l’invita, et lui demanda de faire une prédiction à propos de son fils. L’historiographe, respectant scrupuleusement le protocole de divination, obtint le tirage suivant : Guan, et Pi.

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Les hexagrammes Guan et Pi

 

 

L’historiographe réfléchit, puis s’exclama :

- Bon tirage ! L’hexagramme Guan dit « Contemplation de la lumière du royaume. Il est avantageux d'agir comme hôte d'un roi ».  

Contemplation de la lumière du royaume, c’est la splendeur d’un royaume, cela signifie que votre enfant prendra sans doute votre succession, et deviendra Duc. Mais la seconde phrase, Il est avantageux d'agir comme hôte d'un roi, signifie que votre fils ne sera pas maître ici, mais règnera sur un autre royaume. D’ailleurs, le mot Contemplation précède lumière du royaume, et il a le sens d’observer, d’attendre. Ainsi, il est probable que ce ne sera pas votre fils qui gouvernera, mais votre petit-fils. Mais toute médaille a son revers, et il n’est point de roses sans épines. Si son royaume venait à prospérer, cela engendrerait peut-être le déclin du vôtre.


 

Cinq ans plus tard, en 700 av. J-C, le Duc Guituo fut assassiné par un ennemi, et le gouvernement du royaume de Chen fut renversé. Le Seigneur Wan ne put donc succéder à son père. En 627 av. J-C, le désordre perturba à nouveau la Cour de Chen, et le Seigneur Wan, âgé alors de 35 ans, fut de nouveau empêché d’accéder au trône. Il dut alors s’enfuir, et trouva refuge dans le royaume de Qi, province du Shandong.

Connu pour son amour des hommes talentueux, le Duc Huan du royaume de Qi tenait ce pauvre Seigneur Wan en haute estime, si bien qu’il souhaita en faire un ministre de Qi. Mais le Seigneur Wan déclina l’offre, arguant qu’il était un réfugié, et qu’il se satisfaisait amplement de son statut d’hôte du royaume de Qi. Le duc Huan le nomma alors administrateur chargé de l'artisanat de la capitale. Le Seigneur Wan, homme modeste et humble, s’adonna consciencieusement à cette tâche, recevant les louanges du Duc Huan. Peu de temps après, le Duc lui céda un territoire, appelé Tian. Le Seigneur Wan ajouta donc ce nom au sien, se faisant appeler Seigneur Wantian.

 

Après la mort du Seigneur Wantian, ses descendants mirent tout en œuvre pour gagner le soutien du peuple, et ainsi renforcer le pouvoir et l’influence de Tian. En 410 av. J-C, la huitième génération des descendants de Wantian firent de Tian un royaume équivalent à celui de Qi. En 378 av. J-C, le treizième héritier de Wantian accéda au trône de Qi, devenant le Duc Wei de Qi. Ses descendants restèrent au pouvoir jusqu’à l’unification des Six royaumes. Ceci alors qu’en 479 av. J-C, le royaume de Chen avait été détruit par le Duc Hui de Chu.

 


1
La Méthode 1. La Nature de la Nature, p. 228, Seuil, Paris, 1977 (j’ai pas cherché bien loin : la citation se trouve sur wikipedia…) 

2 Le Discours de la tortue : Découvrir la pensée chinoise au fil du Yi-Jing, Cyrille J.-D. Javary, Albin Michel

3 左传-庄公廿二年, 记周太史卜陈公子完降生

 4 Wan signifie perfection intégrale, Jing, respectueux, et Zhong, intermédiaire

 

 

 


 

:: Texte chinois

 

Les parties grisées sont des explications sur le Yijing ou des repères historiques. Je ne les ai pas traduits afin de faciliter la lecture de l'histoire. Les carrés sont des hexagramme, mais je n'ai pas de police pour les afficher.

 

于是桓公让他做了管理都城百工的工正


 公元前705年,靠母亲娘家势力取得政权的陈厉公妫佗喜得贵子。他希望自己的领地完整无缺,更希望自己的国家安全无恙,特地为儿子取名叫完,字敬仲。因为他是陈国的公子,人们习惯地称他公子完。

 
    
公子完出生的那天,恰好周天子的一位太史带着《周易》路过陈国都城宛丘(今河南淮县),厉公请太史为儿子占卦。太史按照《周易》规定的程序作了认真的推演,得出的本卦为观,变卦为否,《左传》如实记载:遇观之否


    
与否都是《周易》六十四卦的卦名。卦有卦辞,观卦的卦辞是两句话:盥而不荐,有孚颐若。每卦六爻,爻有爻辞,观卦第一爻爻辞是:童观,小人无咎,君子吝。第二爻爻辞:闻观,利女贞。第三爻爻辞:观我生,进退。第四爻爻辞:观国之光,利用宾于王。第五爻:观我生,君子无咎。第六爻:观其生,君子无咎。占卦不但要占出是哪卦,而且要占出是哪爻。周太史占的不仅是观卦,而且是观卦的第四爻,因为《左传》记的是遇观之否■”而否卦正是观卦第四爻由阴变阳而来的。之卦就是变卦,凡是变卦,解卦以变爻爻辞为主。周太史这次占到的卦是观卦,变爻是观卦第四爻,变卦是否卦。

 
    
周太史经过一番慎重的思考,然后作出断语说:
    “
好卦!观卦六四爻辞说:观国之光,利用宾于王。国光就是一国之光华,说明这孩子将来一定能够继承您的事业,享有诸侯王位。不过下旬是利用宾于王 宾者客也,孩子将来为君,很可能不在本国,而在异国。况且,上句国光之前有字,观者看也,有旁观等待之意,故做诸侯王的很有可能不是孩子本人,而是他的子孙。物不两大,得于此者失于彼,如果他在异国繁荣昌盛,则本国就有可能衰败。


    
周太史的解释,《左传》用了很长一段文字作了详 细的记载:日:是谓观国之光,利用宾于王,此其代陈有国乎?不在此,其在异国;非此其身,在其子孙。光远自他有耀者也。坤,土也;巽,风也;乾,天 也。风为天于土上,山也。有山之材,而照之以天光,于是乎居土上,故日观国之光,利用宾于王。庭实旅百,奉之以玉帛,天地之美具焉,故日:利用宾于王。犹有观焉,故日其在后乎?风行而著于土,故日其在异国乎?若在异国,必姜姓也。姜,大岳之后也。山岳则配天,物莫两大,陈衰,此其昌乎?


    
年之后,也就是公元前700年,陈厉公被仇家所杀,陈国的政权发生转移。公子完虽然没有了做诸侯王的希望,所幸生活还未受到太大的影响。公元前627年,陈国再次发生内乱,三十五岁的公子完在陈国再也无法立足,只好背井离乡,逃往山东齐国。素以爱才著称的齐桓公对这位落难的陈国公子十分器重,想让他担任齐 国的卿大夫。陈公子没有接受,说逃难糊口之人,能有个落脚的地点,就心满意足了,不敢担任如此重要的职务。于是桓公让他做了管理都城百工的工正。陈公子谦虚谨慎的性格,办事认真的作风,深得桓公的赞赏,不久,将一处名叫田的地方封给了他。公子完便因地为姓,改原来的妫姓为田姓,史称田完,或叫田敬仲。

 
    
完去世之后,他的子孙采取各种手段收买人心,努力扩充田氏势力,公元前410年,田完的八世孙田惮子建立了与姜太公开辟的姜齐并立的田齐。公元前378年,田完的十二世孙田午去世,他的儿子田因齐继位,晋爵为王,是为齐威王。以后又经历宣王、泯王、襄王诸代,长盛不衰,直至六国统一。而陈国早在公元前 479年就被楚惠王所灭。

 
    
公子完自失去继位机会到陈国再次内乱,逃奔齐国,并在齐国立足,直到他的子孙夺取齐国政权,前后三百余年的兴衰,全在周太史一卦的预卜之中。因为它是最早见诸我国典籍的卦例,所以我们称它为天下第一卦。

 
    
述卦例的史实,见于我国第一部编年史《左传》。《左传》是产生于《春秋》末年的著作,晚于公子完数百年。因为是后人的追述,在编写过程中免不了添油加醋,乃至以史代卦,不过《周易》之所以成为《周易》,以及周太史当年卜筮、破解、推论的方法,以及在推论中表现出的严密逻辑,都在这里得到了比较清楚的反映。那么,周太史究竟采取什么方法进行占卜,又根据什么原则进行破解、推论的呢?

 


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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 05:03

En ce moment, une vidéo fait un de ces ramdams sur la Toile. D’abord diffusée sur l’infolettre d’un site de la toile, la vidéo montre un ch’ti qui présente sa voiture fraîchement bolidée. Les internautes se déchaînent sur les e-blablas, les journalistes en parlent dans les émissions-débats. Alors, n’attendez pas, et téléchargez-la sur votre baladeur…

jiong.JPGVous vous demandez sans doute quelle mouche tsé-tsé m’a piqué ? Et bien, il s’agit d’une espèce très rare de la forêt parisienne, nommée la ‘Alain Joyandet’. Le secrétaire d'Etat à la Francophonie a organisé le concours Francomot afin de trouver des traductions à cinq anglicismes : buzz, chat, tuning, newsletter et talk.

 

Le français 2.0, c’est du chinois…


 

 

 

Les solutions au jeu-concours :  

Ramdam = buzz  -  Infolettre = newsletter  -  Bolidage = tuning

E-blabla = chat  -  Emission-débat = talk

 


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